la vague

L’écriture c’est la vague de l’océan. On ne peut l’arrêter, mais elle vient et se retire au grés des marées qui dépendent de lointains objets célestes sur lesquels nous ne pouvons agir. La vague parfois plus forte lorsque la marée monte, en plus de la quantité nous apporte une géniale idée. Parfois le courant nous entrainant fort vers le large, durant son retour de la plage, nous pousse à simplement nous cramponner à l’idée d’écriture comme nos pieds s’encrent dans le sable et notre corps se penche en avant juste pour résister à la tentation de l’abandon et du désespoir. Et la page reste blanche, le logiciel lui-même peine à s’ouvrir de nouveau. Mais on sait qu’on se trouve dans un éternel et sempiternel mouvement que rien ne pourra empêcher d’indéfiniment reprendre au grès des tempêtes et des mers d’huile.

chapitre 1: L'endroit.


Merci pour l'aide précieuse apportée, aux deux auteurs Dim et Dledler dont je ne connais que le pseudo sur le groupe Bradburry de Scribay.



— Salut tout le monde, lança-t-il à la volée à travers le café Fleuri.
À peine avait-il poussé la porte du troquet que ses narines l’avaient rassuré sur la continuité de son monde. L’odeur, un mélange de produit d’entretien pas cher, café de la machine à expresso, vin, bière et tabac froid, lui indiquait tous les jours que son passé se poursuivait dans le présent, et avait des chances de continuer ainsi dans l’avenir. Cette madeleine de Proust était l'amarre qui le maintenait à quai. La patronne avait continué à s’affairer alors qu’elle avait si peu à faire, et la moitié des clients, ceux qui n’étaient pas en train de discuter à ce moment-là, s’étaient retournés et lui avait renvoyé son aimable salutation avec un sourire dans les yeux. Cela aussi le rassurait. Ce n’était pas vraiment des amis, encore moins une famille pour lui, mais un peu des deux à la fois assurément. C’est de l’ambigüité de cette relation dont il avait besoin. Pouvoir parler à des connaissances sans vraiment y être attaché. Mais les connaitre assez bien pour être en confiance, savoir à qui il parlait, et pouvoir deviner leur façon de penser et de réagir. Il s’assit sur la troisième chaise haute, au comptoir, celle du bout était déjà occupée. Au bout on est bien, on peut voir tout le monde et entendre tout ce qui se dit. On peut choisir de participer à la conversation que l’on veut. Au milieu, il faut constamment tourner la tête et on perd la moitié des fils des conversations. Il préférait le bout mais un triste individu était à sa place. Il ne le connaissait pas. Il le dévisagea en adoptant un air qui portait sûrement une certaine dose de rancœur au point que l’autre s’en aperçut et son visage fut parcouru un instant d’un voile d’étonnement. Du coup ils préférèrent tous deux détourner le regard pour ne pas croiser celui de l’autre, mettant ainsi un terme à toute probabilité de communication.
— Ça va Jean-Pierre ? demanda-t-il à son voisin de comptoir, en se tournant dans la direction opposée à celle de l’inconnu tout au bout.
— Bien sûr que ça va, lui jeta affable ce premier compagnon qui accompagna ses mots secs d’une bonne tape virile sur l’épaule.
Il sentit malgré tout, dans ce bref échange de politesse, comme une réticence à engager une quelconque conversation.
Pourtant la conversation, il est là pour ça, comme la plupart des clients de ce dernier bar de quartier encore ouvert et conservé tel quel. Garder son identité, ce n’est pas seulement conserver cette déco sans valeur, jaunie par le temps, cette patronne, maitresse femme, en chef d’orchestre des meilleurs débats du comptoir, ce rideau qui se tire pour garder les clients en dehors des heures d’ouverture, et toutes ces cérémonies classiques qui commencent avec le petit noir des ouvriers lève-tôt jusqu’au dernier Ricard des piliers de comptoir couche-tard. Et ce journal, quotidien régional, qui par extrême importance fini froissé sur une table du fond, lui aussi joue son rôle en tant que source. Car il faut les trouver chaque jour les nouveaux sujets de discussion, de débat, de rigolade et de dispute. Il faut que cela tourne pour rester attrayant. La politique, les faits divers trônent en éléments phares de la culture gauloise. Mais aussi l’histoire, la géographie, parfois les sciences même , voire la philosophie. Et tous ces grands sujets, d’une extrême importance, vont à un moment ou un autre se mettre à tourbillonner, à produire leurs tempêtes d’éclats de voix ou de rire. Car l’une des magies les plus puissante du lieu c’est de produire de l’humour en permanence et sur tous les sujets. De cet humour bien lourd accompagné de rire gras, à l’humour le plus fin, celui du jeu de mot, du calembour à la maitre Capello, souligné en général par les soupirs d’admiration qui s’offusquent du génie de l’auteur du bon mot.
Il se passait quelque chose de différent, une sorte de rumeur assourdissante qui fit que notre client, habitué du lieu, sente comme une oppression. Il s’était pourtant tourné vers l’autre, le Jean-Marie, une valeur sûre après un apéro bien entamé, lorsqu’on cherche un échange drôle et animé. Même lui ne répondit que vaguement à sa sollicitation. C’est là, en sirotant son troisième demi, qu’il s’aperçut de pire. La patronne avait les yeux rouges. Pour la première fois depuis la quinzaine d’années qu’il était client, il voyait la patronne dans un tel état d’émotion. C’était une sacré bonne femme qui tenait ce bar depuis toujours avec la poigne d’un docker. Elle en avait pris le contrôle total après la mort de son mari, d’une cirrhose, maladie professionnelle comme elle disait. C’est lui qui avait racheté au fleuriste ce lieu proche du cimetière. D’où le nom du bar. Elle avait une allure masculine malgré sa petite taille soulignée par un fort embonpoint et ses énormes seins qui reposaient visiblement sur le haut de son ventre pour leur éviter de s’écouler sous leur propre poids flasque. Elle avait les cheveux blancs et courts et une grosse voix pratiquement masculine. Son bar, c’était le navire dont elle était capitaine, et elle savait le mener chaque jour à bon port, en gardant toujours tous ses passagers sains et saufs. Ses passagers, ses clients, c’étaient aussi son équipage. Contre vents et marées, parfois même tempêtes déchainées par l’alcool, elle savait toujours en garder le contrôle. Elle orchestrait. Elle parlait peu, mais c’était toujours avec le cinglant d’un ironique verdict. En une phrase, elle pouvait clore une discussion qui durait depuis deux heures entre plusieurs clients. Parce que les esprits s’échauffaient et les paroles atteignaient une limite, ou bien tout simplement parce qu’elle en avait marre d’entendre des conneries. Mais quand elle mettait un point final, avec une verve inégalable, aucun n’osait surenchérir. Elle était totalement maître à bord, elle maintenait un respect total et non négociable avec tous ses clients même les plus anciens, surtout les plus anciens.
Il était donc inimaginable de voir cette bonne femme extraordinaire avec les yeux mouillés. On ne pouvait penser qu’elle avait ce genre d’humanité, cette capacité à s’émouvoir, cachée au fin fond de la rudesse de son attitude générale. Il examina alors les autres clients d’un autre regard et s’aperçut que leur anormale morosité était flagrante. Que se passait-il donc aujourd’hui ? Il commanda un autre demi et lorsque la patronne s’approcha pour le déposer devant lui, il demanda directement :
— He bien madame Ginette, ça n’a pas l’air d’aller aujourd’hui. Il est arrivé quelque chose ?
— Mouais… répondit-elle sèchement après lui avoir lancé, en plein dans les yeux, un long regard moitié exaspéré, moitié désespéré.
Un « mouais » qui le laissa bien seul dans son attente d’explication, mais qui voulait tout de même dire que quelque chose de grave s'était produit. L’autre client accoudé au bar à sa droite s’approcha alors de son oreille, pour lui murmurer quelque chose que visiblement la patronne ne devait pas entendre.
Et l’univers s’effondra dans une contraction de l’espace et du temps, une planète s'écrasant sur elle-même en quelques secondes, lors de son aspiration par un trou noir. Il devait remonter à l’âge où, trop jeune, on lui avait appris la mort de son père. De la même façon, au creux de l’oreille. Cela paraissait pourtant bien moins grave, mais finalement l’effet de pincement au cœur, si violent, si terrible, se faisait tout autant ressentir dans sa poitrine. Il resta un moment interloqué, la bouche bée, sans pouvoir dire un mot, sans demander d’explications. Le dernier bastion, le dernier carré de soldats de l’ancien régime contre le modernisme de la communication, il avait pourtant su résister jusque-là. On en exprimait souvent la fierté en levant des verres au-dessus du zinc. On arborait cela comme une différence qui était surtout partie d’une identité. Une identité commune à un groupe tout petit, un groupe de personnes soudées autour d’un lieu et d’une pratique : la convivialité. Et puis on avait vécu tellement de choses, tellement de moments, bons ou mauvais, de rire ou d’esclandre, de petits secrets, de grandes confidences, de rencontres opportunes, de services échangés et même d’amour qui finit en mariage. Cela montrait bien que ce lieu de vie, c’était aussi la vie tout court. Elle s’y déroulait avec ses hauts et ses bas, ses amitiés qui se faisaient et se défaisaient, cette famille où les gens entraient peu à peu et que la plupart ne pouvaient plus jamais quitter ensuite. On se riait de ces nouvelles technologies de communication qui niaient les présences, qui effaçaient l’image des corps et des visages, qui enlevaient le regard dans les yeux qui en dit pourtant bien plus que des mots couchés sur un écran blanc anonyme.
La marche vers le grand cimetière fut pourtant annoncée ce jour-là. La direction vers la vallée où se dirigent résignés les magnifiques éléphants blancs qui décident consciemment d'y mourir. Même s’ils ne le veulent pas, même s’ils montrent une certaine beauté de la nature, même s’ils furent un moment le dernier cri de la modernité, le top de l’évolution, ils se savent alors condamnés et acceptent leur sort. Tout finirait là, à l’angle de cette rue, et dans quelques mois ou quelques années, on y verrait grandir un gros immeuble en béton, plein de petits studios individuels pour loger des gens qui ne se connaitraient pas entre eux. En bas, peut-être, une boulangerie, un fleuriste, ou une pharmacie y prendrait place dans une ambiance aseptisée. Un commerce sans âme dans un bâtiment d’anonymes voisins.
C’était la fin d’un lieu, mais aussi d’une époque.

On The Road Again


Bernard Lavilliers - On The Road Again





"Nous étions jeunes et larges d'épaules
Bandits joyeux, insolents et drôles
On attendait que la mort nous frôle
On the road again, again
On the road again, again "







Il glissait sous les draps jusqu’à se rendre au bord du lit, restait assis là, les pieds nus sur le carrelage. Elle ne s’était pas réveillée. Il respirait doucement attendant de finir de s’éveiller dans les maigres fils du petit jour qui s’infiltraient dans la chambre. Saisi peu à peu par le froid ambiant qui contrastait avec la chaleur de sous l’édredon, il décida de se lever. Toujours sans bruit, il ramassa au passage sa paire de santiags qu’il avait religieusement laissées, le soir précèdent avant de se coucher, au pied du lit. Il descendit précautionneusement l’escalier, évitant les craquements du bois, en portant ses précieuses chaussures mythiques du bout des doigts.


Il les avait achetées le jour d’avant, lors du déclic, de la révélation. Il était entré plus ou moins par hasard dans la boutique, comme happé par un mouvement de désir incontrôlé, en compagnie de Marie, son amante depuis quelques mois. Tout concordait, elle aussi. Il l’avait rencontrée à la fin d’une soirée de vieux amis en l’honneur du bon vieux temps. Il les avait tous séchés sur ce coup : il était parti sur la moto de cette magnifique blonde vêtue de cuir, fièrement monté à l’arrière de la Harley-Davidson. Les autres étaient restés cois, sur le quai de leur nostalgie. Elle l’avait emmené chez elle, une vieille bicoque en pierre et en bois à l’extérieur du périphérique. Ils avaient fait l’amour direct, comme par passion. Il n’avait pas cherché à comprendre pourquoi la différence d’âge n’avait rien empêché, elle avait au moins vingt-cinq ans de moins que lui. À l’aube, encore moites de chaleur animale, ils étaient sortis moitié nus sur la terrasse déjà inondée du soleil naissant, avaient bu une dernière bière en fumant le pétard qui va bien.


Six mois plus tard, elle le suivait dans cette boutique. Toute en correspondance elle faisait résonner en harmonie, ce réveil, cette nouvelle évidence, ce retour de vague qui remontait dans ses entrailles cette jeunesse éloignée depuis tant. Cette boutique remplie de fringues en cuir indémodables, les vêtements qui leur coutaient à l’époque trois mois de travail d’été pour pouvoir se les offrir. Et à elle, s’était son style aussi, l’amoureuse de Harley et de rêve américain, la rockeuse des seventies sortie d’on ne sait quelle machine à remonter le temps, toute fraiche, toute jeune, et pleine d’enthousiasme pour vivre la vie de la génération de ses propres parents. Décalage insensé.


Il s’offrit une paire de tiagues et deux blousons Schott pour elle et lui. Et puis sortant de là, comme en sortant d’un rêve, il lui annonça d’un air décidé : « demain, je pars ! » Voyant son air étonné et suspicieux, il dut lui expliquer à sa façon. « J’ai cinquante balais, il est temps de vivre mes rêves, de réaliser ce qu’à peine j’ai effleuré il y a trente ans. » Il ne voulut rien révéler d’autre, même si elle le traitait de fou et le raillait pour l’obliger à en dire plus.


Il alla au robinet de la cuisine, se passa de l’eau froide sur la figure pour le coup de fouet, s’essuya les mains sur les cheveux en les lissant vers l’arrière. Les mains appuyées sur l’évier, il se regarda un instant dans le miroir, intensément, puis il enfila un jean, un teeshirt blanc, ses pompes et son blouson en cuir. En ouvrant la porte qui donnait de la cuisine vers l’extérieur, il se regarda une autre fois dans la glace, dans ses vêtements neufs et pourtant issus du passé. Il lissa encore ces cheveux vers l’arrière agrandissant un peu plus son front dégarni. Il referma la porte sans bruit, le froid brulait sa peau, le soleil brillait dur dans le ciel bleu de l’hiver. Il tira ses Ray-Ban de leur étui et les ajusta sur son nez. Il marchait vers l’absolu, enfin.

c'est la rentrée...nouveau projet d'écriture: le café Fleuri.



le café Fleuri.


Ce projet d’écriture est issu d'une activité développée par des auteurs associés sur la plateforme Scribay. Un certain nombre d'auteurs s'y sont organisés dans un groupe appelé Bradbury Challenge. Les membres de ce groupe s'engagent à écrire une nouvelle de moins de 3000 mots par semaine durant un an, soit cinquante-deux nouvelles, et à s'entraider pour cela. Cette sorte de défi d'écriture s'accompagne de nombreuses lectures, interaction et correction entre les participants. Il utilise pour cela les outils collaboratifs de la plateforme. Il n'y a aucun thème imposé, du coup on y trouve tous les genres littéraires représentés.
Après avoir écrit des textes de genres variés, un fantastique et un inclassable sur les aventures d'un poulet. La troisième nouvelle m'a permis d'avoir un contact avec une des auteures du Bradbury Challenge, et c'est grâce à la lecture des textes de son projet que j'ai pu définir le mien.

Il s'agira donc pour moi de produire des nouvelles indépendantes, mais qui se passent toutes dans le même endroit, un bar de quartier, le café Fleuri. J'aurais l'occasion d'y décrire la vie autour du comptoir , les personnages qui s'y croisent,  les discussions entre les clients, les petites histoires qui démarrent ou finissent dans ce lieu typique et encore assez courant dans la décennie 90, mais déjà en voie de disparition.
C'est dans une ambiance de nostalgie, de rire, de tristesse, d'enthousiasme, de rudesse, d'amour et surtout et avant tout de communication, que se déroule la vie du café Fleuri. La patronne, une maitresse femme, dirige en chef d'orchestre les interactions entre ses clients et limite les débordements éventuels. Il faut dire que tous les soirs l'alcool coule à flots dans le café Fleuri. Ce petit monde avance jour après jour vers un final inexorable, la mort , bien sûr, pour chacun d'entre eux, mais aussi la fermeture définitive de ce lieu emblématique de l’humanité dans tous ses aspects fondamentaux.

lien vers le café fleuri 

 

https://pcaillaud.blogspot.com/p/blog-page_19.html 

Furax Barbarossa // LE MEILLEUR DES PÈRES




Furax Barbarossa —Le meilleur des hommes: VIDEO

Extrait :
« J’essaierai, je serai pas le meilleur des hommes,
Mais le meilleur des pères dans le meilleur désordre.
J’essaierai, sur ma tête rasée lisse, quand s’effritaient les faux,
J’écrivais ma lettre à Élise, sans éviter les fautes.
J’essaierai, je serai pas le meilleur des hommes,
Mais le meilleur des pères dans le meilleur désordre
J’essaierai, j’balayerai le sommeil et décollerai des toits
Elle veut la lune, je lui ramènerai le soleil et des cordés d’étoiles. »



LE MEILLEUR DES PÈRES


Il restait planté là, devant cet incendie.
Debout, les mains prises dans les mains des gamins.
La chaleur cramoisie rougeoyait sur son visage.
Ses yeux rouges pleuraient des larmes sèches et salées.
« Tout perdu, tout est perdu, j’ai tout perdu » se répétait-il sans fin.
Le travail assommant de ses dix dernières années passées á gagner sa vie pour construire son propre nid de ses mains, durant son temps libre.
Elle était devant lui cette vie, mourrant dans les flammes
Ce foyer, il l'avait tant rêvé, pour lui, pour ses enfants, pour ses vieux jours puis, encore après, pour ses enfants devenus grands.
Ce rêve dansait sur son bucher, sur son brasier, condamné par le feu.
Tout était là, en marche, traçant le chemin certain, rassurant son bonheur. Et maintenant plus rien.
Le pire, il s’empêchait d’y penser.
Mieux vaut perdre la matière, la voir se rompre, voir ses formes se tordre pour se briser et finir par chuter dans une énorme gerbe d’escarbilles virevoltantes.
Ce n’était rien, seulement ce qui jamais ne se perd et simplement se transforme.
Il regardait, fasciné, hypnotisé, pour s’empêcher de voir ce pire.
Ce qui avait disparu sans laisser une mèche.
Ce qui jamais ne pourrait se construire à nouveau.
Ce long chemin bordé du collier de perle des sentiments, qu’il avait fallu enfiler un à un, dans le plaisir, puis dans le compromis, dans les épreuves, dans les joies et les chagrins.
Des flammes de l’amour, elle finirait dans celles du destin.
C’est toute sa vie qui s’élevait dans la fumée.
C’est tout ce qu’il était, car depuis bien longtemps, il avait tout construit à deux, même à l’intérieur, surtout à l’intérieur.
Tout ce qui était lui, était elle, aussi.
Il n’en restait plus rien, ni d’elle ni de lui, une simple étincelle au fond des yeux de larme de ses enfants.
Il ne pouvait plus y faire quoi que ce soit. Tout était joué et perdu. Plus de jetons à jeter sur le tapis vert.
Pourtant, il faudra bien recommencer, sans elle, sans toit, sans rien.
Juste pour eux.
Pour la vie en gestation, des existences nouvelles, qu’il faudra éloigner de leur point de départ avec des rires, du bonheur, de l’espoir.
Pour eux la mort de l'être le plus cher ne devra rester qu’un souvenir lointain.
Lui, il devra feindre, sans geindre ou se plaindre , faire croire que c’est ainsi, que c’est le cycle de la vie.
Ne pas les traumatiser, ne pas les noyer dans un chagrin destructeur.
Il sera le bouclier, ils seront les vainqueurs.
Protégés du temps qu’il faut pour pouvoir avancer, protégé par le temps qu’il faut contre le passé à dépasser.
Il serait là, pour toujours et à jamais, comme elle ne serait, elle, plus jamais et à jamais.
Ensemble, en noir et blanc, saisissant ses enfants pour qu’ils en restent innocents pour longtemps.
Larmes...




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La mort de Joël Lemarché

Nouvelle participant au concours de nouvelles 2018  sur le thème "pourquoi s'en faire une montagne". Ce texte est donc contraint en nombre de mots et a du être plusieurs fois réduit tout en essayant d'en garder au mieux sa qualité littéraire. C'est un exercice intéressant mais qui a aussi ses limites. L'histoire me paraissant en valoir la peine, je le reprendrai donc et le développerai librement plus tard...

 

 

 

La mort de Joël Lemarché.

« Pourquoi s’en faire une montagne ? » Ces quelques lettres dorées, gravées dans le granite de la stèle funéraire de Joël Lemarché, résonnaient avec violence dans la tête de ceux qui les lisaient pour la première fois, ceux qui connaissaient Joël, qui savaient son histoire et l’histoire de ces quelques mots. Leur cœur se serrait dans leur poitrine et une bouffée d’angoisse poussait leurs yeux à se remplir de larmes. Une fois de plus, même après sa mort, Joël savait triompher de son public. S’il avait fait écrire cette phrase c’est qu’il savait l’effet qu’elle allait avoir sur les personnes de son entourage. Jamais il ne se trompait, là il fut sûr de lui....